Car il est toujours important de signaler la création d’un nouveau wiki de territoire, nous souhaitons bon courage à Wikipasdecalais.

Hervé Colin sera chargé de l’animation du projet. Hervé n’est pas un néophyte puisqu’il avait déjà créé audowiki, wiki de territoire consacré à l’arrondissement de Saint-Omer.

Hervé nous présente Wiki Pas-de-Calais :

Il s’agit de rassembler sur ce wiki tout ce qui constitue le patrimoine départemental dans son sens le plus large (histoire, géographie, patrimoine, mémoire, personnes, ethnographie, …), et d’en permettre l’enrichissement perpétuel et une actualisation au jour le jour par toute personne qui le souhaite.
Le but est d’offrir à tous les publics des ressources documentaires sur le département, de créer un outil privilégié de communication à même de favoriser la diffusion des connaissances et de valoriser l’image du Pas-de-Calais auprès de ses habitants et des extérieurs, et enfin de FEDERER les professionnels (archives, bibliothèques, services d’animation du patrimoine, communauté éducative…), les associatifs et les particuliers autour d’un projet COLLABORATIF et DEMOCRATIQUE, par la multiplicité des rédacteurs représentative de la population et l’accès à la culture pour tous.
Le site ouvrira avec un minimum de contenu : la fusion d’Audowiki (qui était un petit wiki de territoire : arrondissement de Saint-Omer dans le 62) et du site Mémoire de pierre en Pas-de-Calais (http://memoiresdepierre.pagesperso-orange.fr/ ).
Des “ateliers d’initiation au wiki” seront organisés à travers le département, au sein d’associations qui souhaite participer au projet, dans les lycées et collèges.

Il s’agit de rassembler sur ce wiki tout ce qui constitue le patrimoine départemental dans son sens le plus large (histoire, géographie, patrimoine, mémoire, personnes, ethnographie, …), et d’en permettre l’enrichissement perpétuel et une actualisation au jour le jour par toute personne qui le souhaite.

Le but est d’offrir à tous les publics des ressources documentaires sur le département, de créer un outil privilégié de communication à même de favoriser la diffusion des connaissances et de valoriser l’image du Pas-de-Calais auprès de ses habitants et des extérieurs, et enfin de fédérer les professionnels (archives, bibliothèques, services d’animation du patrimoine, communauté éducative…), les associatifs et les particuliers autour d’un projet collaboratif et démocratique, par la multiplicité des rédacteurs représentative de la population et l’accès à la culture pour tous.

Le site ouvrira avec un minimum de contenu : la fusion d’Audowiki (qui était un petit wiki de territoire : arrondissement de Saint-Omer dans le 62) et du site Mémoire de pierre en Pas-de-Calais.

Des “ateliers d’initiation au wiki” seront organisés à travers le département, au sein d’associations qui souhaite participer au projet, dans les lycées et collèges.

Le site wikipasdecalais.fr sera animé par l’association éponyme. Cette dernière est soutenu par le Conseil Général du Pas de calais.

Longue vie à ce wiki de territoire !

Récit d’un maître-verrier et de la valorisation de son travail

Vitrail de léglise de Sainte-Mère-Église

Vitrail de l'église de Sainte-Mère-Église

Dans le département de la Manche, on peut trouver un merveilleux patrimoine religieux, en particulier les églises et leurs vitraux.  Ce fut lors d’une visite dans l’église de Hauteville/Mer, que le président de l’association Wikimanche s’intéressa de plus près aux vitraux qui ornent les ouvertures de l’édifice. Renseignements pris auprès d’une paroissienne, qui, au passage, a permis la constitution de l’article consacré à cette église, il s’agissait désormais d’en savoir un peu plus sur le maître-verrier ayant réalisé les vitraux.

Ces derniers sont l’oeuvre de Gabriel Loire de Chartres, dont on peut retrouver de très nombreuses réalisations à travers le monde. Il a notamment réalisé un important travail pour la Manche. Il ouvre à Chartres un atelier en 1946 pour la réalisation de vitraux. Dans le contexte de reconstruction de l’après-guerre, cet atelier prend son plein essor.

Ce maître verrier étant décédé en 2006, il n’apparaissait donc pas possible de valoriser les reproductions de son travail sous un format libre de droits sans l’aval de son ayant-droit. Cependant, cet art s’est transmis de père en fils et c’est aujourd’hui Jacques Loire qui a repris le flambeau. Contact pris auprès de ce dernier, il nous a permis de publier des reproductions des oeuvres de son père jugeant nécessaire la valorisation de ce patrimoine et une partie de l’oeuvre de sont père. Echange de bons procédés, Jacques Loire pourra ainsi exploiter cette collection de reproductions pour sa propre activité et pour son propre souvenir.

Cet exemple démontre l’importance du travail d’investigation des contributeurs de Wikimanche. Ce travail doit permettre de regrouper un maximum d’informations pour les recouper et, ainsi, constituer des article à la fois complets et objectifs. Les droits d’auteurs constituent parfois un frein pour une libre diffusion du savoir, mais preuve en est qu’il est possible de trouver des solutions en mettant sa curiosité et un peu de son temps au service de cette cause. La recherche d’informations constitue une opportunité pour favoriser la création de liens entre les individus.

Enfin, (comme il est toujours important de prêcher pour sa paroisse), lors de vos prochaines visites dans les églises de la Manche, n’hésitez pas à vous saisir de votre téléphone et à utiliser l’application Wikitude pour découvrir le patrimoine qui vous entoure.

Thermes d'Alauna

Thermes d'Alauna - CC by-sa / Xfigpower


Le 17 août dernier, à l’invitation de l’association Wikimanche, les rues de Valognes ont été arpentées par des contributeurs de Wikimanche et des projets Wikimedia, appareil photo à la main.

L’objectif de cette journée était de pallier au relatif manque d’illustrations contemporaines de la ville de Valognes sous licences libres, malgré la richesse de son patrimoine et son attractivité touristique. En effet, sur les millions de photographes amateurs qui couvrent chaque saison la Manche, très peu ont le réflexe aujourd’hui, malgré les nombreux sites de partage de photos, de les mettre à disposition en permettant expressément leur libre réutilisation.

Tour lanterne de l'église Saint-Malo

Tour lanterne de l'église Saint-Malo - CC by-sa / HaguardDuNord


Cette opération a donc permis de déposer sur l’encyclopédie Wikimanche et sur la médiathèque Wikimedia Commons, 300 photographies réutilisables par tous.  Elle a permis de valoriser les richesses de la commune : des monuments historiques tels que les églises Saint-Malo et Notre-Dame, l’hôpital, les hôtels de Beaumont et de Blangy, les ruines d’Alauna, mais aussi plus largement toute la richesse patrimoniale de cette commune, à travers les manoirs du Quesnay et du Haut-Gallion, l’hôtel du Mesnildot, la chapelle de la Victoire, la collection lapidaire de la bibliothèque municipale, etc.

Manoir du Quesnay

Manoir du Quesnay - CC by-sa / Momo50


Au-delà de l’enrichissement des encyclopédies en ligne, ce temps offrait aussi l’occasion de mieux faire connaître Wikimanche et d’aller à la rencontre des acteurs locaux du patrimoine afin d’initier des liens sans écran interposé. L’accueil a bien souvent été très sympathique, à l’image du manoir du Quesnay, qui a partagé avec nous sa passion pour les vieilles pierres, et la bibliothèque municipale, qui nous a volontiers ouvert les portes pour que l’on photographie les objets, accessibles ou non au public, qu’elle conserve : autel du Ham, canon d’un vaisseau coulé à La Hougue, portrait de Julien de Laillier

Autel du Ham à la bibliothèque de Valognes

Autel du Ham à la bibliothèque de Valognes - CC by-sa / Momo50


Par cet enrichissement de l’iconographie, nous valorisons le patrimoine, car il est bien souvent méconnu par les touristes et même, ou surtout, par les habitants. Combien de Cotentinais connaissent l’autel mérovingien du Ham ? Combien de paroissiens s’arrêtent pour admirer le bas-relief de l’Agneau mystique et deux apôtres à Notre-Dame d’Alleaume ? En photographiant, en décrivant, et en référençant ces œuvres, leur accès, leur découverte sont facilités.

Aussi, ce premier essai devra se poursuivre, en visant d’autres villes, en allant à la rencontre du public et lui proposer ainsi de redécouvrir leur ville. Car, même quand on marche quotidiennement dans des rues, on les regarde différemment à travers un objectif photographique : on change de perspective, on s’arrête sur un détail (statue, dédicace), on perçoit les dialogues architecturaux… En lien avec des partenaires (associations pour le patrimoine, offices de tourisme), ce type de manifestations serait l’occasion de conjuguer visite et contributions, de mêler un important volume d’informations en ligne à la médiation vivante des conférenciers. Ainsi, l’association Wikimanche jouerait pleinement son rôle d’acteur de la valorisation territoriale, avec une encyclopédie vivante ancrée dans son département.

Le titre est péremptoire et prétentieux, j’avoue. Mais il ne me semble pas faux. En soufflant ses 4 printemps en avril, Wikimanche a dépassé les 7000 articles. Ces 150 nouveaux articles par mois en moyenne, ce sont 601 communes actuelles et les dizaines d’autres disparues. Ce sont 2200 biographies de Manchois, de naissance ou de circonstances. Ce sont presque au complet les conseillers généraux qui se sont succédés depuis 1833. Ce sont les monuments historiques du département. Ce sont les événements politiques ou sportifs, les faits divers, les documents d’archives. Ce sont 1500 images sous licences libres, dont une centaine de cartes anciennes.

L’un des premiers succès est donc d’avoir démarré sur les chapeaux de roue. Rapidement, Wikimanche a disposé d’articles sur les sujets essentiels. Aujourd’hui, si les articles généraux (présentation générale du département, géographie, politique, économie…) reste à peaufiner, ils sont solidement construits. Avec un poids médian pour les articles de 1600 octects, on s’aperçoit que s’ils sont loin d’être majoritairement complets, leur nombre n’est pas gonflé par des ébauches multiples de 2 lignes.

Cette diversité de sujets montre aussi, au moins partiellement, que la réussite est qualitative. Pouvoir passer de la biographie de Léon Jozeau Marigné, à un vol à l’église de Cambernon au XIXe siècle, de l’architecture bétonné du mur de l’Atlantique à la nidification des cigognes dans les Marais, du séjour mouvementé de Victor Hugo à Barfleur à l’évocation inspirée du Mont par Maupassant, on trouve tout à la Samaritaine provinciale et numérique qu’est devenu Wikimanche. Le projet est parvenu à faire venir, temporairement ou fidèlement, des professionnels de linguistique, des amateurs de généalogie, des spécialistes d’histoire, des passionnés de photographie, des lycéens intéressés par leur territoire, des curieux de tout…

Le corolaire de cette diversité est probablement l’échelon territorial. De nombreux wikiterritoriaux existent désormais en France, avec diverses destinées. Mais si Wikimanche peut aujourd’hui se vanter d’être le premier de France en terme de poids, c’est qu’il faut croire que le département, pourtant restreint en terme de taille, est une bonne échelle. Ni trop grand, comme peu l’être une région, dont on peine encore aujourd’hui à identifier une unité géoculturelle. Ni trop petit comme une commune ou un pays dont l’audience et le nombre de contributeurs potentiels sont faibles. Ainsi, le département permet à la fois de se concentrer sur un micro territoire (commune voir hameau), tout en le liant à d’autres par une histoire collective longue et ainsi élargir les tenants et aboutissants de ces « micros »-sujets. Le département est aussi un bon échelon à l’aulne des sources, les diocèses puis les départements offrant un territoire stable à travers les siècles, adopté par de nombreux ouvrages, et ayant fait émerger de nombreuses sociétés savantes, comités d’histoire, éditeurs locaux, ce qui permet sans trop de difficulté d’alimenter une encyclopédie.

Cette contrainte géographique n’a pas signifié non plus un repli identitaire. Malgré un portage institutionnel de Wikimanche sur les fonts baptismaux, il n’a jamais été question, par modestie normande, peut-être, de vanter la magnificence des paysages de la Baie des Veys et de glorifier Tocqueville comme le plus grand penseur politique de tous les temps sous prétexte qu’il a présidé le département. Adopter un angle de lecture, celui de la Manche, ne rétrécit pas le champ de vision, il n’empêche pas de regarder la Guerre d’Algérie ou le Canada. Simplement, cela change le regard afin de voir autre chose ou autrement.

Ce qui n’est pas négligeable c’est aussi que ce succès quantitatif, n’a sacrifié ni la qualité ni davantage la rigueur. Après quelques semaines, le principe de mettre sous licence libre a été adopté et, malgré la lourdeur que cela impose, a toujours été conservé. Il en va de même pour le respect des droits d’auteurs, qui a été dès l’origine traqué. Et même si sa copie est permise, on a cherché à éviter de n’être qu’un miroir des articles, pourtant souvent tentant, de Wikipedia. Au contraire, aujourd’hui, du fait de la tendance hégémonique naturelle de l’encyclopédie libre (plus de sujets, plus de notoriété, plus de contributeurs), je constate de plus en plus de copies sur Wikipédia depuis Wikimanche.

Soyons honnêtes, dans ce succès il y a un grande part de chance. Celle d’avoir su constituer autour d’un projet quelques internautes fidèles, prêts à consacrer un temps presque infini à écrire, corriger, modérer. Une part d’inconnu, l’alchimie étant par essence plus magique que scientifique.

Pour autant, la chance se travaille. Le fait d’avoir dès l’origine une structure qui porte le projet a eu un poids essentiel. L’association a offert une structure légale référente pour réunir les bonnes volontés. En son sein, la discrétion du Conseil général et de Manche numérique, qui ont voulu au départ laisser une communauté construire son projet Wikimanche sans pré-formatage politique, technique ou esthétique, et ne sont pas intervenus dans le rédactionnel, a offert une appropriation considérable, une capacité de modelage au gré des désirs des premiers contributeurs bénévoles.

Par les moyens mis en œuvre (financier, technique, humain), Manche numérique a permis de « contribuer en liberté ». Le partenariat avec Eurocibles a amorcé la création d’un millier d’articles biographiques, la collaboration avec les EPN a amené une logique de contributions locales, le projet dans les lycées ont initié des contributeurs potentiels. Et si le lancement de la géolocalisation via l’application Wikitude n’a pas pour l’heure apportée directement du contenu, elle offre une visibilité nouvelle aux articles, en lien direct avec un territoire consubstantiel à Wikimanche. La prospective, les partenariats, la communication, le développement, et l’émulation impulsés par Manche numérique, permettent d’asseoir Wikimanche dans un paysage local, d’ouvrir la communauté aux apports nouveaux, de penser au-delà de l’écran, et donc de ne pas rester dans un groupe figé avec un projet unique. Et l’on peut espérer que ce travail de fourmis, d’entrisme institutionnel, permettra bientôt de monter des partenariats avec des structures liées à la mémoire et au patrimoine, qui cette fois enrichiront pleinement Wikimanche.

Les échecs existent. Notamment celui de n’avoir pas réussi, malgré une intégration originelle comme membres de droit, à mobiliser tous les médias locaux. Même si France Bleu Cotentin me contredit en ouvrant régulièrement son antenne, peut-être que les médias, acteurs de l’actualité, étaient un mauvais choix initial pour un projet finalement plus lié à la mémoire, à la culture, à la recherche. Bâtir le projet autour d’institutions patrimoniales ou d’associations culturels aurait probablement mieux collé à l’ambition de Wikimanche, et l’aurait mieux inscrit dans un réseau constitué. Mais cela aurait pu aussi le formater en amont, ou l’orienter vers d’autres choix éditoriaux, alors ne regrettons rien, tentons de corriger.

Découlant peut-être de cela, un manque de crédibilité. Écrit par des bénévoles anonymes, Wikimanche doit convaincre, s’appuyer sur l’exemple wikipédien tout en s’en différenciant, écouter, comprendre, expliquer. Convaincre aussi d’utiliser une licence libre, d’abandonner la maîtrise totale de ses productions pour mieux diffuser le savoir. On ne parvient pas encore a créer de réelles synergies autour de la numérisation du savoir ou du patrimoine dans la région, chacun y réfléchissant de son côté sans regarder ce qui peut être compléter ailleurs. Dès lors, le contributeur, pour peu qu’il n’ait pas accès à une bibliothèque normande fournie, se retrouve avec comme ressource disponibles, les nombreux ouvrages numérisée du XIXe siècle, pour le meilleur et parfois pour le pire.

Enfin, si la fréquentation est bonne (autour de 900 visiteurs uniques quotidiens), le nombre de contributeurs laisse un goût d’insatisfaction chez celui qui est passionné par le projet qu’il voudrait universel au niveau du département. J’espère que nous, wikimanchots récurrents, par effet de groupe, n’en sommes pas à l’origine, qu’on n’accueille pas trop mal les bonnes volontés maladroites. Mais comme pour les autres wikis a priori, l’acte de passer de l’autre côté de la barrière, de devenir acteur et non seulement lecteur, n’est pas une évidence. C’est pourtant à long terme ce qui me paraît, personnellement, essentiel pour ce type de projet : modifier le rapport à la technologie et aux médias, passer de la consommation à la maîtrise. Et mieux, pas seulement dans son coin, sur un blog ou à travers des tweets, mais en collaboration, ensemble, tour de Babel moderne peut-être, mais ô combien enrichissant. Cette tâche-là se traduit à la fois par un travail de communication, pour rendre encore plus visible et désirable Wikimanche, expliquer que l’on peut lire mais aussi modifier l’ensemble du contenu, et par un travail de médiation, en allant au contact des Manchois, dans les EPN, les associations, les lycées, à l’occasion de manifestations culturelles. Mais ce travail de pédagogie et de médiation demande plus que 4 ans, pour aller au contact des curieux qui s’ignorent ou qui se cachent. Alors rendez-vous pour les 10 ans !

Haguard du Nord